Ordinateurs de vote, l’exception électorale brestoise

29 novembre 2018 9 Par Rémi

   En 2004, par une décision unilatérale du maire François Cuillandre, Brest devenait pionnière des villes utilisatrices d’ordinateurs de vote.
Depuis 2004 donc, la Cité du Ponant s’est dotée de machines qui font la fierté de la municipalité socialiste et de ses alliés, convaincus qu’ils sont d’avoir propulsé la commune dans l’ère de la modernité.

Et quelle modernité :
• Depuis 2004, les électeurs brestois sont tenus d’accorder une confiance aveugle à des machines dont les possibilités de piratage ne sont plus à démontrer,
• Depuis 2004, les électeurs brestois sont privés de ce moment de citoyenneté que représente la soirée de dépouillement, privés de toute possibilité de contrôle, sans garantie aucune de la sincérité du scrutin,
• Depuis 2004 enfin, les électeurs brestois sont régulièrement confrontés à une rupture d’égalité, telle que prévue par l’article 3 de la Constitution, lorsque bulletins et machines à voter coexistent au sein d’une même circonscription.
Ce fut le cas dans celle de Brest-Rural lors des élections législatives, ce sera de nouveau le cas à l’occasion des élections européennes du mois de mai prochain, quand la France formera une seule et même circonscription.

Quelques élus, de droite comme de gauche, se sont bien émus de la situation, à Brest ainsi que dans la soixantaine de communes qui ont opté à leur tour pour les machines à voter. Ils ont obtenu que soit établi en 2007 un moratoire sur les ordinateurs de vote, autorisant toutefois les municipalités déjà dotées d’appareils à continuer sur cette voie.
À Brest, bien évidemment, la mairie n’a pas changé d’avis, et héberge au passage depuis 2014 l’Association des Villes pour le Vote Électronique, dont le trésorier n’est autre qu’Alain Masson, adjoint au maire de Brest jusqu’à sa démission en marge de l’affaire des indemnités des élus PS, dont le goût pour la transparence demeure incontesté…

De cette modernité, les militants brestois de la France Insoumise ne veulent pas. Nous sommes de la vieille école, de celle qui aime les bulletins en papier et les urnes transparentes, les longues soirées de dépouillement et la mobilisation citoyenne.
Sans possibilité de contrôle, l’exercice démocratique devient un acte de foi peu compatible avec nos exigences républicaines.

Aujourd’hui, alors que les institutions et les élus sont confrontés à une crise de représentativité sans précédent, et que l’abstention devient le premier parti de France, il est urgent que les citoyens se réapproprient la politique.

Cela passera par un retour aux urnes.
À Brest, ce sont aussi les urnes qu’il faudrait faire revenir.

Monsieur le Maire de Brest,

Monsieur le Préfet du Finistère,

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Par la présente, nous, membres brestois de la France Insoumise, citoyennes et citoyens épris de démocratie, nous vous demandons de mettre un terme à des années d’opacité électorale et de remiser au placard les ordinateurs de vote, afin de faire du prochain scrutin un grand moment d’expression populaire !