Détruire un espace de libertés à l’Avenir sous couvert de politique de l’enfance ?

20 décembre 2018 0 Par Christophe
En cette fin 2018, la mairie de Brest annonce qu’elle veut construire une crèche munie d’un espace associatif sur le site de la salle de l’Avenir. Il s’agit d’un projet mûrement réfléchi et constant dans sa mise en œuvre : depuis 2006 la mairie s’ingénie à ne rien créer sur cette parcelle qui puisse accueillir la riche vie sociale du quartier de Saint-Martin. Depuis le vote initial du projet de salle de quartier jusqu’aux programmes municipaux qui ont suivi, l’action concrète a été un oubli des promesses de reconstruction, une course de lenteur dans un bâtiment insalubre puis une friche urbaine. Et, en 2015, alors que les habitants avaient fait preuve de 9 années de patience, un projet très/trop abouti d’immeuble d’habitation tournant le dos à la place Guérin apparaît de nulle part.

 

L’occupation et l’animation de la parcelle par les brestoises et les brestois a permis de repousser ce projet, et remis au centre du débat les promesses initiales. Dans le même temps, des solidarités se sont construites sur place, notamment envers les migrants, avec une attention toute particulière aux questions de genre. Des bâtiments autoconstruits, parfois complétés de quelques tentes, accueillent nombre d’activités et de collectifs. Bref, un vrai berceau d’initiatives locales répondant parfaitement aux souhaits affichés de la mairie en terme de participatif.

 

En 2018, tombe de la manche de la mairie socialiste un autre bâtiment ne répondant pas aux engagements de 2006 et nécessitant d’évacuer la parcelle : une crèche. Et, pour faire passer la pilule, on fait mine d’y coller d’autres services, pourtant ni portés par les associations ni capables de coexister avec la petite enfance : ALSH, protection des mineurs, salle associative, accueil de jeunes migrants, … on enfume les associations de quartier en essayant d’acheter leur accord pour ce projet en échange de quelques m2 couverts.

 

En vérité, il s’agit de torpiller un espace de vie sociale de plus en plus riche et intégré au quartier, en dissimulant cette forfaiture dans un emballage “petite enfance”.
S’il s’était agi de créer rapidement et efficacement une crèche à Brest, qui en manque (seule une demande sur trois ou quatre est satisfaite), il suffisait d’accompagner le projet porté par Dom Bosco sur son propre terrain à Pen-ar-Créac’h plutôt que de le déplacer place Guérin. S’il s’était agi de répondre à un besoin spécifique à Saint-Martin il aurait fallu bâtir sur un terrain qui soit à la fois exempt de tout conflit d’uasage et à proximité d’une rue qui ne soit pas saturée aux horaires scolaires, ce qui ne manque aucunement dans ce quartier.

 

Combien de temps de retard la ville a-elle imposé à la petite enfance en déplaçant le projet initial à l’Avenir ? Combien de temps de plus la ville va-t-elle faire perdre à la petite enfance en n’étudiant pas dès demain les autres terrains ?

 

Il n’y a pas de raison cohérente avec l’intérêt des bébés brestois de se focaliser sur la parcelle de l’Avenir. Il est temps de revenir à une gestion de la ville menée dans l’intérêt des habitants, sans exiger des acteurs de terrain des marques d’allégeance avant de soutenir leurs projets. D’autre part, le manque criant d’échanges proposés par la mairie avec les habitants du quartier révèle une curieuse conception du participatif.

 

Soutenons et accompagnons les initiatives déjà vivantes à l’Avenir.

 

Pour la petite enfance, utilisons les nombreuses réserves foncières de Brest ou de ses satellites, BM, BMA, BMH,  diverses SPL, et structures parapubliques.

 

Répondons à tous ces besoins, sans les mettre artificiellement en concurrence.