Des temps pour la démocratie et la mobilité

4 février 2019 0 Par Christophe
Arrivant en fin de mandat à Brest comme à la Métropole, le parti socialiste précipite nombre de projets pour limiter les possibilités d’action de la future majorité, au risque de prendre de très mauvaises décisions.

Une infrastructure de transport évolue lentement, car elle dure longtemps. C’est pour cela qu’il faut analyser les besoins des ménages plutôt que de se concentrer sur ce qui est visible pour élargir les voies trop chargées. On ne construit pas un pont en comptant le nombre de personnes qui traversent à la nage. On ne choisit pas plus une ligne de tram en remplaçant les lignes de bus les plus chargées : une enquête ménage est en cours et rendra ses conclusions en novembre 2019. Il est aberrant de lancer une “concertation” sur une seconde ligne de tram qui n’en tient pas compte, et qui est déjà tellement cadrée que l’exercice relève plus d’un débat à la Macron que d’un apport de l’expertise des habitants.

De même, la métropole se précipite pour signer une nouvelle délégation de service public pour le transport. Il eût été plus sain pour la démocratie que cette décision relève de la prochaine échéance, et soit débattue pendant la prochaine campagne municipale. Ce serait l’occasion d’ouvrir réellement le débat sur la tarification, que plombent les contrats léonins avec les délégataires : garder un tarif élevé qui incite à se déplacer en voiture quand on en a une, mais qui coûte moins à la collectivité ? Baisser le coût et les seuils des tarifs sociaux pour permettre la mobilité des précaires et des jeunes ? Atteindre la gratuité — financement intégralement collectif — pour l’incitation écologique comme la mixité sociale ?

Photo par Joseph Bekkari

D’autres éléments importants concernant les transports sont en cours d’élaboration, comme le schéma piéton/vélo ou la liaison entre bas de Siam et le port. L’avenir écologique du transport passe par l’intégration des transports doux : à pied, à vélo, mais aussi les nouvelles trottinettes, monocycles et autres gyropodes. Il faut prendre le temps de penser le transport en commun dans ce cadre général, et pas comme un contrat à signer à la hâte pour s’en délester sur un prestataire. C’est d’autant plus important que les villes qui font l’effort d’une réflexion globale sur leur politique de mobilité peuvent y être aidées par les fonds européens.

Dans le même ordre d’idées, il est ridicule d’installer des ascenseurs entre le port et le cour Dajot qui ne sont connectés à rien, ni au tram en bas de Siam, ni à la gare. Les bus circulent déjà entre ces lieux, et augmenter leur fréquence est sans doute une réponse plus efficace à une pente trop raide pour certains piétons.

La mobilité, les services publics et notre avenir commun nécessitent des investissements, mais ceux-ci doivent être sérieux et pensés. Aligner de tels gadgets produit des articles et focalise l’attention des citoyens sur des détails polémiques.

Notre démocratie mérite mieux.