Solidarité et accidents industriels

29 septembre 2019 0 Par Christophe

Ce qui se passe à Rouen est une dure leçon pour tous. Face à un accident industriel sur un site Seveso, sous une épaisse fumée noire, alors que seules des analyses très partielles des retombées ont été effectuées et que nul n’a la liste des produits dangereux actuellement sur le site, le gouvernement et son préfet diffusent des messages d’apaisement sans aucun fondement. Les habitants de Rouen et des environs sont invités à agir comme si de rien n’était, envoyant les enfants à l’école, sans même annuler les récréations en extérieur. Ce n’est que petit à petit que les aveux de danger arrivent, que les gens sont invités à rester chez eux, mais une fois seulement que les enfants sont à l’école et les parents au travail…

Fumée noire de Lubrizol sur la ville de Rouen

Ce traitement pitoyable d’une pollution chimique arrive quatre mois à peine après l’incendie de Notre-Dame de Paris qui a couvert un quartier de poussière de plomb. Il a fallu un mois pour commencer à protéger les enfants et les travailleurs. Nous ne pouvons qu’être inquiets quant à la capacité de ce gouvernement à gérer un accident industriel, et à décider une nécessaire évacuation puis une dépollution. Nous avons pu critiquer la lenteur des Russes et des Japonais à protéger leur population après les fusions des cœurs de Tchernobyl et de Fukushima. Nous pouvons légitimement douter de la capacité, comme de la volonté de notre gouvernement à agir lors d’un accident nucléaire majeur en France.

Nous devons, collectivement, être capables d’accueillir les réfugiés d’un accident industriel majeur, qu’il soit chimique ou nucléaire. Cet accueil devra se faire dans l’urgence, et donc être pensé bien avant. Les bâtiments vides doivent être recensés, et les services municipaux être en mesure de les rendre habitables rapidement. À Brest, tout particulièrement, la Marine laisse de grands bâtiments vides, près de Pontaniou comme à Villeneuve. Si ces bâtiments ne sont plus en mesure d’être des habitats durables, nous pouvons les mettre à disposition pour ces cas d’urgence ; en l’espèce, nous aurions pu accueillir les habitants de Rouen qui auraient dû être évacués du fait de la pollution.

Il nous faut aussi penser aux risques locaux : une large part du port de commerce de Brest est en zone Seveso, et le contrôle pâtit aussi des suppressions de postes conduits par Macron. Est-ce qu’ici aussi le laxisme sera lié à la richesse du propriétaire de l’usine ?