Toxicité du cumul maire-président

8 octobre 2019 0 Par Christophe

Le conseil de métropole a été une triple leçon, mais nullement une surprise, et toutes montrent la toxicité du cumul mairie-présidence :

  • le transport est géré par le bout brestois de la lorgnette. Sur les prochaines lignes de transport, les débats ont porté sur les dessertes de Bellevue, de la Cavale Blanche et Lambézellec, mais rien sur les prolongations de la ligne A à Plouzané, Gouesnou ou Guipavas, rien sur la multimodalité voiture/bus aux portes de la métropole. Que le vice-président aux transports soit encore maire du Relecq ne l’a pas aidé à traiter ce sujet dans sa globalité. Les représentants des communes périphériques sont-ils muets ou baillonés ?
  • les Capucins sont gérés comme une animation touristique, et non comme une extension des quartiers de Recouvrance et de Quéliverzan. Pour drainer des touristes vers les Ateliers, un tarif “Téléphérique” à 2€ est inventé, pour permettre de faire un aller-retour et une activité (ciné, repas, culture, …) sur place. Si nous considérons que le plus efficace pour améliorer la mobilité dans la métropole est le tarif 0 généralisé, nous reconnaissons l’intérêt d’adapter les tarifs aux usages. Force est de constater que combiner aller-retour et activité est normal, et revient actuellement à 3€20 (un aller et un retour). Une logique de mobilité aurait été de créer un tarif à 2€ autorisant les correspondances pendant quatre heures plutôt qu’une. Ici, le nouveau billet, hors de toute logique de mobilité, vise simplement à attirer les commerçants au sein de la SPL des Capucins, dans des locaux loués à la SEM Brest Métropole Aménagement : est-ce le rôle de la collectivité que de promouvoir les investissements privés de ses “satellites” ?
  • une délibération porte sur l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale : le titre du document est “Rapport sur la situation en matière d’égalité femmes-hommes à Brest métropole”. Si les cartes sociologiques concernent bien toute la métropole, toutes les actions menées se limitent à Brest. Qu’il s’agisse d’une volonté brestoise d’occulter les autres communes, ou d’une volonté des autres communes de se cacher derrière Brest, ce sujet montre la nécessité de mieux répartir les sujets entre villes et métropole, et d’inclure les villes périphériques dans les actions de la métropole.
Éléments d’ordre du jour

Nombre de décisions se limitent à prendre acte des actions que les SEM, SPL et autres délégataires mènent sur le territoire, faisant basculer l’action publique dans une zone grise semi-privée, loin du contrôle des citoyens et des élus.
Il est temps de mettre fin à ce cumul qui crée de la confusion et empêche les actions métropolitaines tout en rendant illisibles celles de la ville. Il est temps de réintégrer les satellites opaques dans la collectivité.
La prochaine étape de cette reconquête se passe au Vauban le 10 octobre, à 20h.