Brest : la fin d’un cycle

27 octobre 2019 0 Par Pierre-Yves Cadalen

Personne ne considère qu’il soit de très bon augure pour un candidat-maire d’être mis en examen quelques mois avant l’élection. Mais les décisions de justice ne doivent pas être seules à rythmer une campagne électorale, et ce sont bien les citoyens qui, en mars prochain, prendront la décision politique.

L’un attaque ceux qui le critiquent, et perd ; l’autre est mis en examen pour ses liens financiers avec “Vivre à Brest”

À propos de ces affaires, c’est donc une analyse politique qu’il faut livrer. En effet, l’existence d’une association de réversion des indemnités des élus, grâce à laquelle Alain Masson s’est doublé sa paie pendant des années, suppose un consentement politique à ce type de fonctionnement extra-légal. La nomination de Renaud Sarabezolles, premier adjoint de Yohan Nédélec et compagnon de la Présidente du conseil départementale, par le même Yohan Nédélec, à la tête du SIVU de l’Elorn, pose les mêmes interrogations quant aux rapports de la majorité métropolitaine avec l’ordre légal. Pour avoir dénoncé à ce propos un « système corruptif », la conseillère métropolitaine et municipale Julie Le Goïc-Auffret vient d’être relaxée. Qu’Alain Masson ait pu contribuer à l’attribution de marchés publics à sa supposée compagne, Michèle Lacroix, relève d’une même dynamique.

L’actuelle mise en examen de François Cuillandre doit donc être remise dans son contexte historique et politique : Brest est en train de vivre la fin d’un cycle. Être installé au pouvoir trop longtemps, sans proposer de contre-pouvoirs effectifs, c’est risquer de tomber dans des pratiques qui, légales ou non, renvoient à la même désinvolture vis-à-vis des citoyens. Les gens sont fatigués de voir que telle ou telle pratique, évidemment immorale, pourrait peut-être, par arguties juridiques, se trouver légalement justifiée. La sanction, en réalité, doit également être politique.

Ceux qui voulaient encore plus de pouvoir sont officiellement passés macronistes.

Les élus doivent en effet être responsables et ne jamais oublier que leur fonction de représentants les oblige à rendre des comptes. Avec la liste « Brest à venir », nous comptons ouvrir un nouveau cycle, avec toutes les Brestoises et tous les Brestois qui le souhaitent. Nous souhaitons que l’intervention citoyenne soit renforcée, en termes de décision comme de contrôle. C’est ainsi qu’à mi-mandat, il sera possible pour les Brestois de convoquer un référendum révocatoire du conseil municipal, si les politiques publiques ou leurs représentants ne conviennent pas aux citoyens. De la sorte, Brest se prémunira de l’arrogance et du mépris qui caractérisent trop souvent ce qui, à force de clientélisme et sur fond de dégoût général pour la politique, est devenu une petite baronnie locale.

Un conseil de métropole symbole d’un règne trop long

Trois candidats têtes de liste sont issus de l’actuelle majorité municipale. Ils représentent, chacun à leur façon, une Brest irrémédiablement passée.

La fin de cycle est donc un signe positif. C’est la possibilité pour Brest de se projeter autrement dans les années qui viennent : sur des bases plus solidaires et écologiques, qui ne peuvent être construites sans les quatre piliers fondamentaux de l’action municipale telle que nous la concevons, l’honnêteté, la sincérité, la responsabilité et le pouvoir citoyen.

Nous entendons construire, avec les Brestois, Brest à venir, Brest citoyenne.