Une rentrée peu enthousiasmante…

30 août 2020 0 Par Lili

Voici venue l’heure de la rentrée scolaire. Une rentrée bien particulière en raison des conditions sanitaires. Dans les écoles brestoises, les équipes enseignantes et les équipes d’animation tentent tant bien que mal de préparer au mieux. Le plaisir du début d’année, de la page neuve à écrire, est quelque peu boudé car tous se regardent avec circonspection. Les conditions sanitaires étant bien plus mauvaises qu’elles ne l’étaient aux mois de mai et de juin sur Brest. 

A cela s’ajoute les « nouvelles règles » imposées par la Mairie :

  • Maintien des 4,5 jours. Cependant, les TAP ne débuteront pas avant le retour de vacances de la Toussaint. Que feront donc les enfants de 15h45 à 16h30 ? Pour l’instant, cela s’annonce récré prolongée… on va souhaiter que le beau temps soit de la partie. Concernant les activités variées visant à l’éducation, à l’émancipation ou tout autre beau mot, on repassera !
  • Modification des heures de garderie : au lieu de 7h30-19h, on passe à du 8h-18h30. On se demande bien qui cela arrange ? Certainement pas les parents d’élèves, qui après avoir dû s’arranger avec leurs employeurs pendant les mois de mai et de juin pour pouvoir travailler parfois 2 jours par semaines, selon les possibilités d’accueil de leurs enfants, vont désormais devoir également s’arranger pour commencer plus tard et finir plus tôt. Certainement pas non plus les équipes d’animation qui perdent encore des heures et voient leurs contrats se réduire de plus en plus vers le mi-temps. Pas non plus les enseignantes qui devront jeter leurs propres enfants à la garderie à 8h avant de traverser la ville le plus vite possible pour être elles-mêmes face à leurs élèves pour 8h30. On se demande donc pourquoi ce changement d’horaire ? Pour améliorer les conditions de travail des agents d’entretien ? Malheureusement, même pas !

Les parents d’élèves fuient le public pour aller trouver le privé qui n’a pas les mêmes obligations sur le même territoire. La tendance à l’augmentation des inscriptions dans le privé et à la diminution dans le public, observée sur Brest depuis plusieurs années, va très certainement se poursuivre cette année encore. Lorsque les parents d’élèves appellent les services de la Mairie pour se plaindre et en faire part, disant qu’ils tiennent au public mais vont finir par partir dans le privé car les conditions d’accueil deviennent de plus en plus compliquées, on leur répond « Mais faites-le ! » Une belle défense du service public par une Mairie dite « de gauche »…

Dans les collèges et les lycées, les élèves devront porter un masque : fort bien. Mais quelles sont les aides prévues afin de soutenir les familles ? Nos dirigeants ont-ils conscience du budget que cela représente ? Dans le Finistère, le département devrait fournir 2 masques réutilisables par élèves. C’est un bon début, mais cela ne fait qu’un seul jour de classe sur les 5 que compte la semaine.

Les étudiants à la fac quant à eux seront également tenus de porter le masque, mais les conditions d’accueil restent des plus floues. Présentiel ? Distanciel ?

Pour ceux qui devront être présents en cours, en plus de choisir entre le loyer, l’électricité et les pâtes, ils auront aussi à choisir le masque obligatoire… un véritable choix ! Mais il est vrai que baisser les APL de 5€, ce n’était rien…

Pour les autres, il faudra « choisir » la connexion internet et le matériel informatique… mais la plupart du temps, il y aura certainement « un peu de tout ». Donc des masques, des connexions, des ordis équipés. Oubliez les repas pauvres étudiants !

Depuis le début de la crise sanitaire, la France Insoumise demande à ce que les masques soient reconnus d’utilité publique et pris en charge par l’État. Le poids de ces dépenses obligatoires ne doit pas peser sur les épaules des plus pauvres d’entre nous. Nous devons tous pouvoir y avoir accès sans être mis en difficulté. Que les plus riches d’entre nous mettent la main à la poche afin d’aider les plus nécessiteux. Il y a urgence.

Cette année scolaire s’annonce bien morose. Sur le terrain, tous les acteurs feront comme toujours de leur mieux. Même après les crachats reçus en fin d’année passée, tous seront à leurs postes, prêts à agir pour le bien de leurs élèves malgré les ingérences de leur ministère et des collectivités locales. Maintenant, il serait grand temps que nos dirigeants fassent leur part du boulot. Gouverner, c’est anticiper. Ils avaient deux mois pour préparer la rentrée, ils ont préféré faire du jet-ski. Il y a des priorités, et visiblement, la santé du plus grand nombre n’en est pas une.

Localement, nous demandons à la mairie de bien vouloir rouvrir les garderies scolaires de 7h30 à 19h. Nous n’acceptons pas que l’équipe municipale profite de la situation sanitaire pour faire passer des décisions unilatérales qui vont peser sur la vie de tous ceux qui côtoient les écoles publiques brestoises.