#2 / juillet 2026
Par André
Nostalgie et consumérisme
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En ce jeudi 4 décembre 2025, un sentiment bien étrange a parcouru une partie des Brestois de la rive gauche, peut-être même droite qui sait. Peut-être que certains ont traversé la ville pour aller eux aussi jeter un coup d’oeil à la nouvelle grande surface ? Un sentiment de prendre la direction d’un lieu de prime abord inconnu mais pourtant familier.
Inconnu car concrètement caché par une sombre bâche pendant des mois, une bâche aux allures de linceul laissé par le précédent propriétaire.
Familier pour beaucoup, car oui, il faut se l’avouer, qui dans la rive gauche, surtout au quartier de l’Europe, n’avait pas foulé le sol du Phare de l’Europe ?
Nostalgie
Déjà les plus anciens se remémorent le Rallye avec son fameux Goldorak qui surplombait le parking. Oui, oui, Goldorak : nous étions dans les années 70, une attraction à l’effigie du robot de plusieurs mètres de haut était installée juste devant l’entrée du magasin, à en croire les anciens témoins et quelques photos d’archives que l’on peut trouver ici et là sur le Net. On peut aussi y voir aussi un King Kong de la même taille, qui venait de Lorient.
Alors, oui, ces quelques bribes de mémoire nous ramènent à un autre temps, une autre époque, alors que les souvenirs les plus récents nous évoquent plutôt une période où, au lendemain du confinement et toujours sous restrictions sanitaires, on déambulait dans les rayons du Géant. Celui-ci voyait ses rayons se vider, les uns après les autres… pour ne plus être remplis, au motif d’un « déstockage total ».
Des banderoles nous fermaient l’accès à de plus en plus d’espaces, transformés en scènes de crime, comme si on laissait mourir l’hypermarché, temple de la surconsommation, devant ses clients.
Réalité
Cela nous ramenait à une triste réalité, ou plutôt au reflet d’une réalité, celle dénoncée naguère dans certains films d’horreurs, où les zombies de Romero, dans « Zombie, le crépuscule des morts-vivants », ou « The Walking Dead » pour les plus jeunes, rôdaient eux sans but autre que de reproduire des gestes dont ils avaient oublié le sens. Là, sous le vernis d’une poésie macabre, le message était clair et la critique féroce : la société de consommation n’a pas de sens, et la dénonciation de ce modèle de société était bel et bien présente.
Or la réalité nous renvoie un autre écho sinistre : suite à une conjoncture économique défavorable, ce lieu qui pouvait s’afficher tout puissant face à un individu (source d’emploi pour les salariés, d’attraction pour les boutiques dans la galerie, et de subsistance au regard de la nourriture qu’il proposait) se mourait devant nos yeux. Et là, évidemment, le message est tout autre : la vie ne se résume pas à la consommation.
Espoir ?
Il n’y a plus qu’à espérer maintenant que la leçon collective ait été retenue, aussi bien par nous, les clients qui, avons réussi à vivre autrement pendant plusieurs mois, découvrant les petits commerces aux alentours, que par les commerçants qui doivent peut-être envisager un autre modèle que celui des galeries commerciales : la fin d’une grande surface pèse en effet sur eux comme une épée de Damoclès. Ou de Goldorak, allez savoir.
