Refusons le règne
de la violence généralisée
9 janvier 2026 – Pierre-Yves Cadalen (Tribune Télégramme)
Sans surprise, la brutalité de Trump rejoint celle de Poutine et de Netanyahu. Les États-Unis se sont toujours tenus à distance du droit international, s’estimant au-dessus du reste du monde et de ses contraintes. Le président de la première puissance impérialiste mondiale raconte fièrement l’enlèvement d’un Président et l’invasion d’un pays qu’il entend diriger jusqu’à nouvel ordre. Il se vante d’une violation manifeste de la Charte des Nations unies. Il ne s’agit pas de juger ici qui est bon ou méchant, mais ce qui est ou non légal.
Cette agression, assortie de menaces contre le Mexique, Cuba, le Brésil, la Colombie et maintenant le Danemark par la perspective d’une annexion pure et simple du Groenland, est d’une gravité exceptionnelle. Donald Trump ne le cache pas : son seul objectif est de s’approprier le pétrole vénézuélien, qui était exporté pour 80 % vers la Chine. Le Venezuela dispose des premières réserves mondiales connues. Priver la Chine de cet approvisionnement dans un contexte de tensions en Asie-Pacifique est stratégique pour Washington. Trump souhaite augmenter considérablement la
production vénézuélienne : idée géniale à l’heure du changement climatique, où plus des deux tiers des ressources carbonées devraient rester sous terre si nous voulons éviter le désastre total.
Emmanuel Macron a abaissé la France : sans un mot pour le droit international, il a défendu le Président d’extrême droite qui a, en remerciement, relayé son communiqué. Il s’est joint au concert de la propagande de Washington qui écrit le mot liberté sur l’appropriation du pétrole vénézuélien par l’armée la plus puissante du monde. Il s’est comporté en porte-parole de la Maison Blanche, pas en président de la République française, montrant, une fois de plus, qu’il est temps qu’il s’en aille. Prétendre défendre la liberté avec Donald Trump est une pitrerie, lui qui combat ouvertement les droits humains.
Le droit international est décisif pour éviter la guerre généralisée. La France n’a intérêt à aucune guerre. Elle ne doit s’aligner sur aucun des empires. Les appels vains à la force, au réarmement et à la lucidité ne sont jamais assis sur des faits concrets : ils préparent uniquement les bataillons européens de la guerre de Washington. La France est d’ores et déjà armée, et elle a les moyens de se défendre. Son intérêt reste le même : préserver la paix et défendre les Nations unies contre les adorateurs de la violence et du coup de force.
