Notre Plan
Santé et sport
Les professions médicales sont aujourd’hui dans une grave crise, entre surcharge de travail et injonctions contradictoires. Le mouvement de grève que connaît le secteur en ce moment même en témoigne. Ici, à Brest, l’année a également été marquée par la grève à la clinique Pasteur et les mobilisations en faveur de la gratuité des parkings à l’hôpital public.
Cette crise a des conséquences multiples :
○ dégradation de l’état de santé de nombreuses personnes qui renoncent à des soins ou qui n’ont pas de médecin traitant
○ un report sur les services d’urgence déjà saturés
○ dégradation des conditions de travail des professionnels de santé
En tant que municipalité, nous avons de nombreux leviers pour agir sur la santé des Brestoises et des Brestois. Voici plusieurs mesures que nous mettrons en place si nous sommes élu-es en mars 2026.
1 – Une mesure phare : la création de centres de santé municipaux
Brest n’échappe pas aux difficultés d’accès aux soins : à la peine aussi bien pour trouver un généraliste que pour consulter un spécialiste, les habitantes et les habitants rencontrent des freins inacceptables pour se soigner. Aujourd’hui, il n’y a que 115 centres municipaux de santé en France, employant seulement 0,5% des médecins. Pourtant, deux tiers des jeunes médecins recherchent un poste salarié à leur installation. De 2010 à 2025, l’effectif des médecins salariés a augmenté de +18,8 %.
Nous travaillerons à la création de centres pluridisciplinaires non lucratifs fondés sur le salariat des médecins, sans dépassements d’honoraires et à tiers payant intégral, afin de garantir un accès aux soins de proximité sur l’ensemble du territoire. Ils dispensent surtout des soins de premiers recours et de la prévention. Il s’agit principalement de médecine générale avec potentiellement deux ou trois spécialités, ophtalmologie, soins dentaires par exemple.
A Brest, nous commencerons par équilibrer l’offre médicale en créant un premier centre sur la rive droite, et nous créerons d’autres centres au fur et à mesure des recrutements. 100 000 euros /ETP.
2 – Une boussole : la prévention
Brest insoumise défend une approche globale de la santé, intégrant prévention et santé publique. Prévenir, c’est soigner mieux et durablement. Nous poursuivrons ainsi le travail dans le cadre du contrat local de santé pour articuler les politiques publiques de santé (prévention, santé communautaire, santé mentale, sport santé, accès aux droits, plan alimentation, éducation à la santé, dépistages des cancers, etc.) et renforcerons les campagnes de prévention ciblées contre les risques (lutte contre les IST, VIH, alcool, perte de consentement, etc.). Nous portons l’idée que ces campagnes ne peuvent se faire de façon descendante et doivent impliquer les habitants de tous les quartiers.
Nous nous appuierons sur le fort tissu associatif brestois en pérennisant les financements des associations impliquées : nous mettrons fin aux appels à projets permanents. Pour actualiser notre connaissance des problématiques de santé, nous lancerons une nouvelle grande étude en population générale sur les problématiques de santé mentale et d’addictions afin de mieux adapter nos actions aux besoins réels. (la dernière date de 2008-2009).
3 – Une question transversale : le handicap
Cette question ne peut être totalement séparée des questions de santé du fait des problèmes particuliers qu’elle implique : comorbidités, accès aux soins, prise en charge (santé mentale)… Nous allons en faire une priorité de l’action publique municipale: accès facilité aux services publics par la prise en compte des handicaps visibles et invisibles, réflexion autour du logement (isolation phonique en plus des autres pistes sur l’accessibilité), réflexion avec les personnes concernées sur le droit au calme et au silence dans la ville. Dans notre volet mobilité, nous nous assurerons de la continuité de l’espace public pour les personnes à mobilité réduite en luttant contre le stationnement sur les trottoirs et les passages piétons grâce aux ASVP et aux médiateurs et en développant un urbanisme inclusif pour toutes et tous.
4 – Une articulation nécessaire : faire vivre le sport santé :
Que ce soit à cause de nos métiers trop sédentaires ou trop durs, nos corps sont souvent malmenés par le travail, parfois aussi par des maladies, des accidents. L’activité physique est malheureusement souvent inaccessible, pour des raisons économiques, ou pour des questions de pratiques inadaptées. La question est aujourd’hui portée par des associations qu’il faudra soutenir, mais la collectivité peut renforcer son rôle sur le sujet.
Nous permettrons à tous les médecins généralistes de faire des prescriptions de séances de sport dans les structures de la ville. Nous embaucherons des coachs sportifs spécialisés dans le sport santé. Ils pourront encadrer, individuellement ou en groupe, ces séances de sport santé en fonction des besoins : natation, vélo elliptique, pilates, marche… Nombreux sont les sports qui peuvent bénéficier à la santé physique et mentale.
Il s’agit également de faire vivre une autre vision du sport, loin de la marchandisation et de la compétition, en agissant de manière préventive sur les problèmes de santé rencontrés par les sportifs eux-mêmes, notamment l’orthorexie ou les problèmes cardiaques.
5 – Protéger notre santé face à la pollution
Chaque année en France, on estime que 40 000 personnes meurent à cause de la pollution de l’air. Il est impératif d’agir pour faire reculer la place de la voiture dans notre société et rendre l’air de nos villes et de nos campagnes plus respirables.
Dans le cadre de la dynamique du Contrat local de santé du Pays de Brest, nous relancerons les diagnostics de santé environnementale sur la qualité de l’air intérieur en lien avec le CHU et la Caisse nationale d’assurance maladie, en impliquant les habitants.
Un Lundi de la santé est organisé prochainement sur le sujet, et nous saluons le travail mené actuellement, mais il ne faut pas que les individus portent seuls la question de la qualité de leur air intérieur : il y va également de la responsabilité de la collectivité par exemple pour la qualité de l’air intérieur des logements sociaux. Ainsi, en 2010, des habitants de Kerourien avaient conçu eux-mêmes, avec le service santé et les Petits Débrouillards, des capteurs destinés à détecter l’humidité dans leurs murs afin d’objectiver leur ressenti et de mettre le bailleur social face à ses responsabilités.
Nous agirons de manière préventive sur les maladies pulmonaires causées par les moisissures si fréquentes à Brest à cause de notre météo et de constructions inadaptées, notamment en rénovant d’urgence les logements BMH concernés par des problèmes structurels d’humidité, en nous appuyant sur les retours faits par les locataires dont la parole doit être entendue sur le sujet.
6 – Poursuivre le combat pour la gratuité des parkings à l’hôpital public
Aujourd’hui, environ 75% des parkings des hôpitaux publics sont payants. C’est une injustice criante pour les malades, qu’ils aillent régulièrement à l’hôpital ou qu’ils soient reçus pour une urgence, et pour les visiteurs qui vont voir leurs proches qui souffrent. A Brest, une pétition de la CGT santé a recueilli plus de 25 000 signatures.
Ainsi, le député insoumis brestois Pierre-Yves Cadalen, avec deux de ses collègues, a déposé une proposition de loi pour la gratuité des parkings à l’hôpital public. Après avoir été adoptée en commission, elle n’a pas pu être discutée en hémicycle.
Nous préparerons des scénarios prospectifs préparant la gratuité en lien avec le CHU de Brest, en préparant notamment un conventionnement pouvant mettre à disposition des ASVP pour réguler les parkings hospitaliers.
