Police municipale à Brest,
la démagogie ne fait pas une politique
23 mai 2025 – Pierre-Yves Cadalen
Ces derniers jours ont vu, à l’initiative de plusieurs candidats putatifs aux élections municipales, se multiplier les déclarations relatives à la création d’une police municipale.
Brest est la seule ville de plus de 100 000 habitant.es à ne pas disposer d’une police municipale. Est-elle pour cela moins sûre que les villes qui en disposent ? Non. La sécurité est un problème sérieux : elle implique des réponses sérieuses. Il faut rappeler qu’elle est une obligation républicaine qui incombe à l’État. De mes échanges avec les autorités compétentes depuis le début du mandat, je retiens que la priorité première pour que la police fonctionne mieux est de renforcer les moyens alloués à la justice, afin que les délits puissent être effectivement sanctionnés. Des moyens supplémentaires doivent en outre être alloués à la police nationale pour permettre une présence accrue dans les commissariats de quartier, et la création d’une police de proximité. Encore faudrait-il que le gouvernement défende, au lieu de les ruiner, les services publics.
La démagogie ne fait pas une politique. La mairie peut se concentrer sur l’éducation populaire, la prévention, l’accès aux soins et aux droits, le développement de lieux d’échange, de création et de dialogue. C’est d’ailleurs l’éducation qui fait l’objet de la réunion de programme insoumise ce samedi 14h au Foyer Laïque Saint-Marc. Les patronages laïques, centres sociaux et initiatives associatives sont bien plus précieux qu’une police municipale. Pour la médiation et la tranquillité, la brigade récemment créée y pourvoit. La former particulièrement à la lutte contre le harcèlement de rue et les incivilités écologiques est un enjeu à travailler.
Je salue la détermination de François Cuillandre à ne pas céder sur la création d’une police municipale. Nos désaccords, dont nous ne faisons ni lui ni moi mystère, ne m’empêchent aucunement d’être fier de cette exception brestoise que nous lui devons. Ici, nous ne nous en laissons pas compter. Si certains souhaitent remplacer le maire en participant à la surenchère sécuritaire à coups de solutions factices, dans un contexte de montée en puissance de l’extrême-droite, ce sera sans nous. L’alternative à gauche ne passe pas par la droite.