Pour des transports facilités
Le dérèglement climatique, la pollution aux particules fines et la volonté d’améliorer la mobilité à Brest nous imposent de repenser la circulation dans notre ville.
Façonnée par l’histoire et les usages pour une automobile longtemps dominante, la cité doit s’adapter aux nouvelles façons de la parcourir et de la traverser. La Nouvelle Brest sera celle des transports non polluants et des mobilités actives et douces, comme la marche et le vélo. C’est en développant des alternatives pratiques, peu chères et agréables à la voiture que nous parviendrons à diminuer sa place en ville.

Nos mesures phare
Vers la gratuité des transports en commun
Les transports en commun doivent devenir un espace de liberté et d’autonomie. Ils doivent permettre aux jeunes de s’émanciper, de vivre en autonomie de leur cercle familial, de sortir de leur quartier et d’habiter réellement leur ville et leur métropole. Nous procéderons dès le début du mandat à la baisse des tarifs pour les jeunes (tarif moins de 26 ans) à 10 € par mois.
Les plus pauvres doivent pouvoir accéder aux transports en commun sans avoir à justifier, mois après mois, de leur situation économique dégradée. Les plus aisés doivent y accéder sans ressasser que venir en voiture leur coûterait moins cher que les 3€40 par personne de l’aller-retour. Il faut donner l’habitude de prendre le bus et le tram, pour donner envie d’avoir une voiture de moins, et un jour de s’en passer totalement. Pour tout cela, seule la gratuité est un choix raisonnable et cohérent. Les transports en communs doivent devenir le transport de toute la communauté brestoise.
La majorité sortante a choisi de privilégier l’investissement, avec la ligne B et le téléphérique, à la santé des travailleurs et au fonctionnement, qui recouvre la gratuité, la fréquence et l’amplitude horaire. Il faut rééquilibrer cette approche et dégager les ressources pour atteindre l’objectif durant le mandat. Cela sera moins immédiat que ce que nous aurions pu faire dès 2021 et la gratuité se construira par paliers au cours du mandat. Actuellement, la billetterie et les abonnements ne participent guère qu’à 22% du coût des transports en commun. Tout le reste, c’est du financement collectif, par les taxes et les impôts, déconnecté du fait d’être ou non un usager. Nous saisirons les leviers un par un, avec détermination et conviction, pour conquérir ces quelques pourcents et rendre le service accessible gratuitement. Dans le même temps, nous ferons sortir Bibus de cette délégation de service public que RATP Dev traite si mal.
Cette transition ne pourra se faire sans le concours et l’enthousiasme des travailleuses et des travailleurs de Bibus. La réflexion sur la mise en place de la gratuité des transports en commun sera mutuelle avec celles et ceux dont c’est l’outil de travail. Ainsi, une commission Vers la gratuité sera créée dès le début du mandat et rassemblera des salariés de Bibus (conducteurs, techniciens, contrôleurs et administratifs), des représentants des usagers et des élus. Ensemble, nous construirons le réseau de transports en commun gratuit de demain. Mise en œuvre prévue : 2032 !
Étendre et sécuriser la pratique du vélo sur l’ensemble de la métropole
Il y a de multiples bandes cyclables dans Brest. Elles sont mal séparées du trafic automobile, tout comme des stationnements et leurs portières menaçantes. Trop peu de ronds-points sont aménagés pour sécuriser le passage des cyclistes. Bien souvent, les habitations collectives n’ont pas d’espaces où ranger les vélos de façon sécurisée, et ce n’est guère mieux sur les lieux de travail. Là, nous avons un devoir de rattraper un long retard dans les investissements de la majorité sortante pour donner envie de monter plus souvent sur un vélo.
Concernant les aménagements nécessaires à la pratique du vélo, nous mobiliserons un budget de 60 euros par personne et par an sur le mandat, pour mettre à niveau le système vélo brestois.
Nous soutiendrons, renforcerons et finaliserons le Brest Réseau Express Vélo (BREV) avec comme objectif de voir un réseau cyclable couvrant l’ensemble de la métropole à l’horizon 2031.

En s’appuyant sur les nouveaux conseils de quartiers, nous favoriserons la création de maisons des mobilités par quartier : location, information, réparation par un tiers, auto-réparation, matériels de sécurité et hébergement d’associations sous la forme d’un service public qui accueille et travaille en partenariat avec les autres acteurs des mobilités. Nous nous appuierons sur l’expertise d’associations installées comme la Caisse à clous et le Garage solidaire de Don Bosco.
Une de nos priorités sera de rénover les pistes cyclables existantes et de transformer les bandes cyclables en voies réservées partout où cela est possible. Nous veillerons particulièrement à sécuriser les intersections et les ronds-points.
Nous proposerons, sous conditions de ressources, une aide à l’acquisition de vélos électriques.
Nous apaiserons les relations vélos / piétons / automobiles par l’éducation au partage de la rue et la mise en place d’un plan de formation et de développement de la culture vélo au sein des agents de la collectivité.
Une ville à hauteur de piéton
Pour qui a de bonnes jambes, Brest se parcourt bien. Pour les autres, bien souvent, les trottoirs sont étroits, encombrés de poteaux, et pauvres en bancs pour se reposer. Nous sommes la seule métropole dépourvue d’un centre-ville piéton ; le petit bout de Siam et de Jaurès privé de voitures fait tout de même rouler un tram, et des voitures sur les nombreux axes perpendiculaires. La ville est pauvre aussi en lieux pour se retrouver à l’abri de cette météo que tout le monde nous envie – en période de canicule. Notre espace public doit évoluer en un lieu de vie plutôt qu’un simple lieu de passage.
Nous mènerons une grande campagne de piétonnisation progressive de plusieurs axes actuellement partagés avec les voitures :
– les rues autour des écoles, pour des entrées / sorties plus sécurisées et pour des lieux d’épanouissement pour les enfants
– certaines rues commerçantes, comme par exemple la rue Pasteur
– les places des quartiers, qui doivent être des lieux de vie et non des parkings, comme la place Napoléon III par exemple
Stationner en ville
La voiture dispose de nombreux espaces pour se garer, mais pas pour permettre l’accès aux services publics. La santé est un droit, et le stationnement payant ne doit pas limiter l’accès à la santé, que ce soit pour aller à l’hôpital, y rendre visite à des proches, ou suivre son parcours de soin en médecine de ville. Nous créerons davantage de zones bleues en centre-ville, c’est-à-dire des places de stationnement à durée limitée, mais gratuites.
Par ailleurs, de nombreux travailleurs et commerçants du centre-ville nous ont fait part de leur difficulté à trouver une place de stationnement au début de leur journée de travail. Pour certains, à cause d’horaires particuliers ou d’un domicile mal desservi, l’utilisation des transports en commun est difficile ou impossible. Nous travaillerons à trouver des solutions au cas par cas. Dans tous les cas : moins de voitures en ville, c’est davantage de places pour celles et ceux qui ne peuvent faire autrement.
La majorité sortante s’est enfin décidée à agir sur les voitures épaves et les voitures ventouses. Les agents de surveillance de la voie publique de Brest peuvent en effet contribuer à cette lutte avec des marches de contrôle et de suivi des véhicules. Nous intensifierons les démarches pour lutter contre ces véhicules indésirables.
Nos autres mesures
pour une mobilité facilitée
1. Rendre immédiatement le téléphérique gratuit.
2. Densifier l’habitat dans des zones déjà bien pourvues en transports et en commerces pour réduire les mouvements pendulaires (c’est-à-dire le déplacement quotidien entre le foyer et le travail, puis le travail et le foyer).
3. Promouvoir la possibilité de demander au conducteur du bus de s’arrêter avant ou après l’arrêt officiel afin de rapprocher les personnes de leur domicile, notamment les personnes âgées ou à mobilité réduite, ainsi que sur les horaires tardifs.
4. Assurer la sécurité des piétons comme des cyclistes avec l’installation de radars pédagogiques.
5. Piétonniser les espaces devant les écoles.
6. Améliorer l’éclairage des voies pour la sécurité nocturne des cyclistes et piétons.
7. Créer plus de stationnements cyclistes comme des arceaux et des box dans les rues ou des garages dans les quartiers en rendant obligatoire leur création lors des rénovations.
8. Intégrer l’usage du vélo au pôle multimodal près de la gare notamment en assurant l’accès du vélo dans les ascenseurs de la gare et faciliter l’usage conjoint du vélo et du tramway.
9. Création d’une navette express pour aller sur les plages du Moulin Blanc et de Sainte-Anne-du-Porzic entre juin et septembre.
10. Proposer l’expérimentation de journées sans voitures, afin d’identifier les freins aux autres mobilités et à l’abandon progressif de l’automobile.
11. Appliquer les dispositifs légaux prévus par le code de la rue (voir ici).
12. Généraliser les 30 km/h en ville et ne garder que quelques grands axes à 50 km/h ; agir en concertation avec la préfecture et le commissariat pour que cette limitation soit respectée.
13. Pour réduire la vitesse, préférer les chicanes arborées que les ralentisseurs de type dos d’âne, qui deviennent une plaie pour les professionnels de la route, en premier lieu pour les vertèbres de nos agents qui conduisent des bus toute la journée.
14. Réouvrir, en concertation avec la préfecture maritime, les discussions concernant la possibilité de bateaux-bus dans la Rade de Brest, notamment entre le Moulin Blanc et le port de commerce.
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