Pour la ville productive, les commerces et l’emploi

La ville-métropole est un lieu de vie et de travail, d’études et de loisirs. Les délocalisations industrielles à l’échelle du pays ont aussi touché Brest, notamment pour la construction navale et l’électronique. Elle a développé l’emploi tertiaire, dans le public ainsi que dans le privé. Et bien souvent le commerce local se retrouve à n’être qu’une vitrine d’une chaîne nationale ou internationale.

Nous refusons cette fatalité d’une production délocalisée et d’un commerce mondialisé. Cette orientation suppose aussi de rompre avec une organisation économique qui donne aujourd’hui un pouvoir disproportionné aux grandes entreprises et à leurs représentants, au détriment des petits commerçants, des artisans, des très petites entreprises et de l’économie sociale et solidaire.

À Brest, nous ferons le choix d’un commerce fondé sur la proximité, la démocratie économique et la représentation réelle de celles et ceux qui font vivre l’économie locale au quotidien. Nous développerons une industrie en cohérence avec les besoins et les capacités de Brest, en valorisant l’expertise technique des travailleurs de la ville. Nous protégerons l’indépendance des commerces locaux face à la mainmise des multinationales agressives. Une étude de 2023 indique que 89 % des Français considèrent que faire leurs achats dans les commerces du centre-ville est un acte citoyen1. Nous voulons favoriser cet engagement.

1 8ème Baromètre du centre-ville et des commerces, Centre-ville en mouvement, 2023.

Nos mesures phare


Grand plan d’urgence en soutien aux commerçants

Nous augmenterons la propriété foncière de la municipalité en locaux commerciaux pour lutter contre la spéculation foncière et l’augmentation des loyers des bails commerciaux. 
Par ailleurs, l’actuelle délégation “Dynamiques commerciales, halles et marchés” verra son service renforcé. Sa mission principale sera d’accompagner les commerces dans la transition écologique, énergétique et numérique. L’adjoint aux dynamiques commerciales mènera un diagnostic sur la fréquentation des commerces brestois afin d’identifier les freins à une amélioration : environnement, transports, stationnement, prix, offre, etc. Un commerce qui marche est un commerce qui répond à des besoins. Il faut donc favoriser la concertation des intéressés avec les habitants. C’est plus de démocratie, de dialogue, d’échanges. 
Nous refuserons la création de nouvelles grandes surfaces et nous adapterons la taxe foncière pour limiter leur pouvoir économique. Nous utiliserons au besoin le droit de préemption pour favoriser les commerces indépendants.
L’heure est à la bifurcation écologique. C’est pourquoi nous refuserons également l’extension des zones commerciales, à l’échelle de la métropole, qui détruisent nos cœurs de ville et de quartier. Pour rendre accessible la publicisation des petits commerces et de l’industrie locale et lutter contre la pollution visuelle, nous bannirons la publicité non locale et les écrans publicitaires de l’espace public. 
Le refus du nouveau stade, dont le projet tend à affaiblir encore plus les commerces de centre-ville, s’inscrit dans ce plan d’urgence.

Création d’un poste d’adjoint à la productivité en soutien à l’activité économique et commerciale locale

Nous créerons un service chargé de renforcer l’activité productive de la ville, qui sera interlocuteur tant des entreprises que des services de l’État. Une élue ou un élu sera désigné adjoint à la ville productive. Avec son service, il travaillera sur les besoins locaux, pour identifier les activités qui sont les plus à même d’être relocalisées sur Brest. Il apportera son soutien aux entreprises écologiquement et socialement responsables. 
Nous refuserons le recours aux travailleurs détachés, en spécifiant les clauses d’emploi et de sous-traitance des appels d’offres. Nous insérerons des clauses sociales, écologiques et de production locale dans tous les marchés publics. Ces clauses viseront explicitement à favoriser l’accès des TPE, PME locales, commerces indépendants et structures de l’économie sociale et solidaire à la commande publique municipale, aujourd’hui trop souvent captée par de grands groupes disposant d’une capacité administrative et financière disproportionnée. La Ville adaptera ses appels d’offres (critères qualitatifs, accompagnement administratif) afin que les petites entreprises locales puissent réellement y répondre.

Un plan d’accessibilité : des commerces pour toutes et tous

Plusieurs études2 montrent que les automobilistes ne sont pas les clients les plus rentables. Ils dépensent en moyenne :
12 % de moins qu’un cycliste par mois ;
27 % de moins qu’un piéton par mois.
L’usage des modes actifs renforce le tissu local grâce à des achats plus réguliers et de proximité.

La réduction ou le déplacement des places de stationnement permet de libérer de l’espace pour les commerces, avec une meilleure visibilité des vitrines, des terrasses et des animations. Une place de stationnement voiture peut accueillir jusqu’à 10 vélos, soit 10 clients potentiels au lieu d’un seul. 
La mairie de Brest insoumise aidera financièrement les petits commerçants dans les travaux d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Nous développerons le réseau de pistes cyclables et les doubles sens cyclables. Nous construirons des réseaux de voies cyclables complètement séparées de la circulation automobile (« vélo routes ») pour faciliter et sécuriser les déplacements à vélo. Nous développerons le stationnement sécurisé pour vélos (boxs, abris-vélos, arceaux) sur l’ensemble de l’espace public et notamment à proximité des écoles, des services publics, des commerces. Nous organiserons le passage progressif à la gratuité totale des transports en commun.

2 Bordeaux : quand le vélo dope l’économie locale, Sud Ouest, 2019, ici ; Commerces de centre-ville et de proximité et modes non motorisés, Ademe, 2004, ici.

La République des places et les petits commerces

Nous allons créer des places piétonnes dans chaque quartier (voir “Pour faire vivre nos places”). La voiture n’est pas indispensable au commerce : ce qui fonctionne le mieux, c’est la piétonnisation. Par exemple, à Arras, la place des Héros a été piétonnisée et la vacance commerciale est passée de 17 % à 9 %3. Pour favoriser le commerce, il faut embellir les places et réduire la place de la voiture (Place Napoléon III, Place Keruscun, centre-bourgs de Lambé, Saint-Marc et Saint-Pierre…).
La piétonnisation est moins favorable à certains types de commerce (garagiste, meuble, électroménager) et davantage à d’autres (restaurations, épicerie, commerce de bouche). Il faut donc adapter les évolutions urbaines aux commerces déjà sur place pour éviter les impacts négatifs. 
Nous ne voulons pas modifier les horaires du stationnement payant, car le stationnement en zone réglementée permet une rotation des véhicules, ce qui favorise l’accès de davantage de personnes aux commerces à proximité. Par contre, l’expérimentation de davantage de zones bleues (gratuites mais à durée limitée) est envisagée.

3 Rapport du Réseau vélo & marche, réseau des collectivités engagées pour les mobilités actives, octobre 2025 ici.

Territoire zéro chômeurs de longue durée

Nous nous engagerons dans la démarche « Territoire Zéro Chômeur » en identifiant un quartier propice à accueillir l’expérimentation. Nous participerons à y créer une entreprise à but d’emploi, tout en veillant à ce qu’elle n’empiète pas sur les activités locales.
De manière plus générale, pour aider les privés d’emploi, nous mettrons en place des outils pour aider à la recherche et à la création d’emploi, et à garantir leur qualité sur la ville. Nous prendrons et soutiendrons les initiatives en faveur de l’orientation et de l’accès à l’emploi des jeunes. Nous tiendrons des permanences dédiées à garantir le respect du droit du travail et l’accès aux droits des chômeurs et précaires. 

Le port

Le port de Brest est idéalement situé sur les routes marines et sur les gisements d’énergie éolienne en mer. Il joue un rôle stratégique dans la planification écologique française. C’est également un lieu d’activités de pêche, de commerce, de plaisance, de sociabilité, et de découverte.
– Développer le circuit court pour les produits de la mer et soutenir les projets coopératifs de navigation, de pêche artisanale et d’expérimentation scientifique.
– Étudier la création d’une coopérative municipale de pêche et de vente en lien avec les organisations existantes.
– Soutenir le développement de la filière des Énergies Marines Renouvelables (EMR) sur le polder.
– Soutenir le programme d’électrification du port permettant sa décarbonation
– Réévaluer fréquemment le PLUi et le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) en fonction des dernières estimations du montée du niveau de la mer pour préserver le port et ses activités.
– Rester vigilants sur les différentes pollutions liées aux activités portuaires en lien avec les différentes associations de citoyens (pollutions soja et bateaux de croisière, particules fines, nuisances olfactives etc.)
– Poursuivre le soutien au club Brest Bretagne Nautisme pour développer la pratique de la voile légère.
– Soutenir la mixité sociale au Port de Plaisance et normaliser les relations avec les usagers ainsi qu’avec les personnes qui vivent sur leur bateau. 

En termes de mobilités, le besoin le plus important pour le Port est la desserte par les transports en commun. Une ligne de bus va être mise en place ; il faudra vérifier si elle répond réellement à l’objectif de désenclavement. Faciliter l’usage de la voiture sur le port encourage à s’y rendre en voiture pour boire un verre, ce qui n’est pas souhaitable.

Nos autres mesures
pour une ville prospère


1. Maintenir et défendre les subventions aux associations (contrats aidés, subventions départementales et régionales) et aux entreprises de l’économie sociale et solidaire (SCOP, SCIC, …)
2. Soutenir les sociétés coopératives pour favoriser une économie sociale et solidaire et introduire des économies d’échelle pour lutter contre le gaspillage du capital : services mutualisés, bureaux ou locaux de stockage collectifs…
3. Créer des espaces publics de travail partagés au cœur des quartiers, pour bénéficier à moindre coût de matériels et d’espaces utiles au développement des activités des habitants
4. Mettre en place un arrêté municipal pour arrêter l’éclairage nocturne des commerces lorsqu’ils sont fermés
5. Développer davantage la mobilité piétonne et le mobilier urbain, notamment pour les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite (installation de bancs, de tables et de toilettes publiques).
6. Développer les marchés brestois en revoyant les horaires en concertation avec les commerçants
7. Implanter des commerces municipaux, soutenir le réseau des épiceries solidaires
8. Soutenir les initiatives d’animation de rue, avec chanteurs, chanteuses, spectacles de rue et ainsi revoir les points de prises d’électricité sur nos places. 
9. Généraliser le paiement des prestataires privés embauchés par la Ville et par la Métropole à 30 jours (certains services en sont à 60 jours, ce qui met la trésorerie des entreprises en difficulté). 

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