Pour une ville antiraciste, décoloniale et antifasciste
Le racisme est une production sociale récente dans l’histoire de l’humanité, un système de domination ayant servi pour la colonisation en hiérarchisant et traitant différemment les personnes selon leur race supposée. Les races sont elles-mêmes une construction sociale sans aucun fondement scientifique car il n’y a bien qu’une seule race, la race humaine.
Le racisme est souvent confondu avec la xénophobie, bien plus universelle et ancienne, qui est une peur voire une haine de ce que l’on ne connaît pas, de ce qui nous est étranger, basé sur des clichés ou des a priori. Racisme et xénophobie sont souvent accompagnés du rejet de l’autre pour sa religion réelle ou supposée (l’antisémitisme et l’islamophobie en sont les expressions les plus présentes dans notre société).
Les biais racistes et xénophobes traversent malheureusement toute la société. Ils servent à diviser le peuple pour mieux le dominer et sont particulièrement exacerbés et instrumentalisés par la droite et l’extrême-droite. Le racisme et son instrumentalisation mènent aux pires horreurs, de la traite négrière en passant par la colonisation jusqu’au fascisme et au génocide des personnes juives et tsiganes. Le racisme systémique est quant à lui à l’origine d’un traitement différencié des personnes racisées dans de nombreux domaines de la vie : accès au logement et à l’emploi notamment.
Une force de gauche doit être résolument antiraciste, décoloniale et antifasciste. Nous nous battrons pour une égalité totale devant la loi, mais aussi dans l’application réelle de celle-ci dans notre ville.
Enfin, nous créerons un réseau international de communes antifascistes face à la montée de l’extrême-droite.

Nos mesures phare
Brest, ville d’accueil
Nous ferons de Brest une “ville refuge” effective, avec des moyens municipaux pour l’hébergement, l’accès aux soins, à l’éducation et à la formation linguistique. Pour cela, nous garantirons à toutes et tous l’accès inconditionnel aux services publics municipaux, indépendamment du statut administratif, et veillerons à ce que les non-francophones y soient bien accueillis.
Nous serons vigilants dans nos politiques municipales à garantir l’égalité de traitement pour les personnes racisées. Nous créerons des espaces municipaux sûrs pour les personnes victimes de racisme ou de violences policières.
La mairie soutiendra les victimes de discriminations, via des permanences municipales gratuites et en se portant partie civile si nécessaire. La mairie protégera également les personnes sans-papiers, en garantissant l’application des droits humains fondamentaux au niveau municipal.
Nous rejoindrons l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants, et serons attentifs à ce que les situations des exilés comme de tous les étrangers présents à Brest soient bien traitées par la préfecture pour ce qui relève de ses prérogatives.
Décoloniser l’espace public et les politiques culturelles
Nous mènerons un audit complet de l’espace public brestois (noms de rues, statues, plaques, bâtiments) et nous proposerons un programme de réappropriation de cet espace, via des changements de nom ou des travaux de contextualisation.
De nombreuses rues de Brest portent le nom de figures coloniales, impérialistes, esclavagistes : la rue Bugeaud, à Saint-Martin, en est souvent le porte-étendard. Le général Bugeaud a participé à la guerre de colonisation de l’Algérie, et s’est rendu coupable de massacres de masse en enfumant à mort des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes réfugiés dans des grottes du désert.
En concertation avec les habitants, nous pourrons choisir entre renommer les rues ou proposer des parcours culturels affichant cette histoire de Brest : de notre port sont en effet parties de nombreuses expéditions à visée coloniale.
Les nouveaux noms choisis pourront mettre en valeur des figures des luttes décoloniales, des figures de la Résistance, des figures locales ou issues des diasporas. Nous pourrons également créer des lieux de mémoire et de transmission, construits avec les personnes concernées, notamment les personnes descendantes des peuples colonisés.
Enfin, dans l’espace public, nous serons particulièrement réactifs sur les inscriptions et tags appelant à la haine et la discrimination, en procédant à leur effacement rapide après un dépôt de plainte systématique.
Lutter contre le racisme institutionnel et les discriminations systémiques
Nous créerons un Observatoire municipal des discriminations, indépendant, associant habitantes et habitants, associations, chercheuses et chercheurs, syndicats. Cet Observatoire aura notamment pour but d’organiser des tests de discrimination (logement, emploi, services municipaux) et d’en publier les résultats.
Nous formerons l’ensemble du personnel municipal et des élus à l’antiracisme politique, à l’histoire coloniale et aux discriminations, pour lutter contre le caractère structurel du racisme. Nous proposerons ces mêmes formations aux associations subventionnées par la mairie.
Nous refuserons toute mise à disposition d’espaces municipaux aux organisations, médias ou événements diffusant des idéologies racistes ou fascistes.
Combattre l’extrême droite et ses relais locaux
Nous refuserons toute normalisation de l’extrême droite, y compris dans les débats publics municipaux. Nous surveillerons et nous documenterons les implantations et les violences de groupes fascistes locaux, en lien avec les organisations spécialisées, et nous travaillerons en lien avec les forces de l’ordre sur ce sujet.
Nous soutiendrons les collectifs antifascistes, les syndicats et les associations de terrain dans leurs actions de prévention. Nous exigerons de toutes les associations et structures subventionnées ou utilisatrices des équipements publics un engagement clair contre le racisme et le fascisme, avec une attention toute particulière au milieu du sport professionnel et à leurs supporters.
Nous développerons des programmes municipaux de sortie de l’embrigadement, notamment auprès des jeunes exposés aux discours réactionnaires, masculinistes, virilistes.
Nos autres mesures
pour une ville populaire ouverte à toutes et tous
1. Intégrer l’histoire coloniale, de l’esclavage et des résistances dans les politiques éducatives municipales (périscolaire, médiathèques, centres sociaux).
2. Développer des ateliers d’éducation populaire antifasciste, contre les théories du complot et la haine en ligne.
3. Soutenir les médias locaux indépendants engagés contre la désinformation et les discours de haine.
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