Pour une ville écologique

Penser la ville aujourd’hui revient à s’interroger sur les solutions offertes pour réduire notre empreinte écologique à une échelle locale et globale. Si la question du changement climatique est centrale, le développement durable de nos zones urbaines intégrera d’autres facteurs. Quatre chantiers majeurs doivent être abordés pour réduire l’empreinte environnementale de nos villes : végétalisation, urbanisme, déchets, énergie.

Brest est une ville trop minérale, alors que les arbres y ont longtemps tenu une place de choix, chantier naval oblige. D’après le site “Nos villes vertes”, Brest se situe à la 18ème place sur 31 dans le classement des villes intermédiaires entre 100000 et 200000 habitants. Ce classement médiocre risque encore de s’aggraver au vu de la récente modification du projet local d’urbanisme (PLUi) qui projette d’artificialiser 50 hectares de terres agricoles vers Sainte-Anne-du-Porzic. 

Pourtant, les arbres et la végétation de manière générale jouent un rôle essentiel dans notre résilience face au changement climatique : en luttant contre les îlots de chaleur, en améliorant la qualité de l’air et de l’eau, en favorisant la biodiversité et en renforçant le bien-être des habitants grâce à des sols qui absorbent l’eau et des végétaux qui rafraîchissent et purifient l’atmosphère. 
Nous mettrons tout en œuvre pour que l’impact de l’urbanisation soit limité en reconstruisant la ville sur la ville. Le foncier disponible devient rare et nous chercherons à le valoriser au maximum. Il faudra faire mieux avec moins, en évitant d’artificialiser les sols et en limitant l’imperméabilisation des terrains. La pratique du tout béton ou tout bitume a entraîné en milieu urbain des problèmes environnementaux comme la gestion des inondations, le ruissellement d’eaux pluviales polluées et dans une ville comme Brest, la dégradation des eaux côtières.

Nos mesures phare


Créer des conseils écologiques citoyens par quartier

Nous créerons et nous nous appuierons sur les conseils de quartier pour orienter et coordonner l’action de la mairie dans la mise en œuvre des mesures écologiques. Les élus et les services techniques viendront en appui de leur réflexion. 
Ces conseils auront pour but de guider l’action de la ville en matière de végétalisation, de désimperméabilisation, de transition écologique, d’installation de nouveaux équipements comme des parcs à chiens ou des plantations d’arbres. Ces conseils seront composés de personnes volontaires et de personnes tirées au sort, qui changeront tous les ans. Ils bénéficieront d’aménagement du temps de travail et de garde d’enfants si nécessaire.
En effet, qui de mieux placés que les habitants eux-mêmes pour décider de l’emplacement des plantations d’arbres, des zones à débétonner, de l’organisation d’un potager collectif ? Notre vision de l’écologie est celle d’une écologie populaire, qui part des habitants et qui transforme visiblement non seulement les cadres de vie mais également les rapports sociaux.

Appliquer la règle du 3-30-300

Dans notre plan de végétalisation, nous nous appuierons sur le principe du 3-30-300 qui se décompose de la manière suivante :
– 3 : Chaque citadin doit avoir une vue sur au moins 3 arbres adultes depuis son habitation.
– 30 : Chaque citadin doit être dans un quartier avec au moins 30 % de surface arborée.
– 300 : Chaque citadin doit habiter à moins de 300 mètres d’un espace vert.

Cette règle sert de référence pour concevoir des villes plus saines et plus résilientes face au changement climatique. Des villes comme Nantes et Nice l’ont adoptée comme principe directeur pour leur politique d’espaces verts.
Cette règle oblige à concevoir de petits espaces verts compacts disséminés au sein du tissu urbain et à rechercher une complémentarité entre la multitude de petits jardins et les espaces naturels gérés par la municipalité, les squares, les places etc. Pour ces espaces, nous mettrons en place des modes de gestion favorables à la biodiversité ordinaire en privilégiant une végétation insoumise, moins policée que les pelouses uniformes, car il vaut mieux mille petits jardins vivants qu’une mer de pelouse vide.
La plantation d’arbres fruitiers en milieu urbain fera partie de ce plan, en mélangeant les espèces régionales et les espèces adaptées à l’évolution prévisible du climat sur 30 ans.
Les habitants pourront contribuer activement à la végétalisation de leur ville grâce à la multiplication des jardins partagés et même sans disposer d’aucun jardin : nous étendrons le dispositif du permis de végétaliser qui autorise l’installation des jardinières mobiles et de planter des fleurs, des arbustes aux pieds des arbres, des murs et des poteaux.

Mettre en place une armature verte urbaine grâce à une continuité d’espaces verts

L’espace urbain brestois est sillonné par des voies de circulation automobile, de transports en commun, des pistes cyclables  mais il manque à Brest des itinéraires piétons apaisés et sécurisés pour profiter de notre splendide ville et de notre Rade magnifique. Nous mettrons en place des axes le long desquels les espaces verts, les stades, les squares, les cimetières s’enchaînent et jouent un vrai rôle de poumon vert  dans la ville pouvant se connecter à la trame verte et bleue du territoire périurbain. 
En connectant les grands parcs publics brestois, nous envisageons un premier cheminement en balcon sur la rade entre la Maison Blanche et le Moulin Blanc, ainsi qu’un axe entre Le Petit Kerzu et le Cours Dajot.

S’appuyer sur les noms de lieux bretons pour renaturer

La toponymie bretonne est très précise et souvent poétique. Les lieux ont longtemps été nommés en fonction des arbres qui y poussaient, des fruits qu’on y récoltait, des animaux qui y vivaient, des roches qui structuraient le sol, des ruisseaux qui y couraient.

Nous nous appuierons sur les anciens noms de lieux en breton pour planifier une renaturation de la ville et de la métropole. Nous mettrons en place une signalétique patrimoniale et linguistique pour informer sur cette démarche. Nous adapterons, si nécessaire, les essences choisies au changement climatique. 
Vous êtes curieux ? Rendez-vous ici pour consulter les noms des lieux en breton et imaginer une nouvelle Brest plus verte !

Défense des friches et des bords de route

Les friches ont des fonctions environnementales, sociales, culturelles importantes et doivent faire l’objet d’une attention particulière afin de préserver leurs différentes fonctions : refuges pour le vivant, couloirs écologiques, îlots de fraîcheur. Nous réaliserons un recensement, une étude et une qualification des friches pour bien les connaître et les cartographier à différentes échelles pour décider de leur avenir. Nous mènerons une réflexion sur la valorisation de ces friches (dépollution, préservation, utilisation artisanale ou agricole…). 
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les bords de routes (appelés aussi dépendances vertes) peuvent participer à la préservation de la biodiversité si un mode de gestion approprié est appliqué. Accotements, fossés, talus sont en effet des corridors pour nombre d’espèces animales et servent également de zones refuges, de nidification, d’habitats. Ces espaces jouent un rôle dans l’épuration des eaux et structurent le paysage routier. Pour ces espaces, nous mettrons en place un fauchage raisonné, non destructeur.

Végétaliser les cours d’école et leurs abords

Les cours d’école sont le lieu de respiration pour la vie scolaire. L’objectif est de replacer le bien-être des enfants au cœur du projet. Celui-ci pourra être différent en fonction de la taille de la cour et de l’environnement immédiat de l’école, mais le point commun sera de favoriser la gestion des eaux pluviales de ces espaces.
Ces projets d’aménagement doivent se co-construire avec l’ensemble des parties prenantes, enfants, parents d’élèves, enseignants, et services de la collectivité (ATSEM, services d’entretien, services techniques). Les associations environnementales locales (Programme Regain de Bretagne Vivante, Vert le Jardin etc.) peuvent également donner un sérieux coup de main. 
Des programmes d’aides financières sont disponibles (Fonds Vert, France Relance, Edu Renov, Banque des territoires).
Nous mettrons également en place des rues scolaires, c’est-à-dire des espaces plus sécurisés et moins pollués aux abords des écoles en limitant la circulation motorisée.

Nos autres mesures
pour l’écologie


Pour un urbanisme écologique : intégrer de nouvelles mesures dans les règlements d’urbanisme

1.  Pour les nouvelles constructions, le Coefficient de Pleine Terre (CPT) et le Coefficient de Biotope par Surface (CBS) sont des outils d’urbanisme écologique visant à limiter l’artificialisation des sols. Un CPT de 30% est efficace pour préserver des sols naturels, tandis que le CBS (ou Coefficient de Biodiversité) est une mesure alternative qui intègre, elle, les surfaces favorables à la nature comme celle de pleine terre, les toitures, et les murs végétalisés par rapport à la surface totale.
2. L’Infiltration des eaux pluviales à la parcelle sera obligatoire pour toute nouvelle construction et une aide sera apportée pour les constructions existantes via un service municipal dédié.
3. Partout l’imperméabilisation du sol doit être limitée car il faut éviter autant que possible le ruissellement des eaux pluviales. Dans le cas  des nouvelles infrastructures routières, celui des espaces de loisirs, des parkings, nous limiterons l’imperméabilisation à l’aide de dispositifs comme les tranchées drainantes, les noues, les jardins de pluie, les revêtements poreux.
4. Refuser les Grands projets inutiles imposés par l’État ou par les entrepreneurs locaux comme le nouveau stade de football Arkea Park.

S’adapter au changement climatique

1. Exiger de la Marine Nationale qu’elle participe au Plan Climat de la Ville, sur l’état des lieux de l’empreinte Carbone de la Ville, sa production de déchets, l’état de la biodiversité, et l’artificialisation des terres.
2. Établir une classification des dépenses budgétaires selon leur impact carbone et sur la biodiversité.
3. Actualiser le plan de prévention des risques (PPR) en prenant en compte les effets attendus du réchauffement climatique incluant notamment un diagnostic d’exposition et de vulnérabilité climatique des réseaux critiques, des infrastructures, des populations, des zones agricoles et des forêts en impliquant fortement les Groupes régionaux d’évaluation climatique (GREC).
4. Mettre en place un plan de relèvement de catastrophe en cas de vents violents, de tempête, de submersion et constituer des réserves stratégiques de biens essentiels (médicaments, denrées non périssables…
5. Mettre en place le plan canicule recensant et prévoyant des lieux d’accueil adaptés, notamment pour les personnes vulnérables : personnes âgées, jeunes enfants, femmes enceintes, personnes en situation de handicap, sans domicile fixe.

Réduire et valoriser les déchets

1. Créer du lien entre les associations de solidarité et les commerces alimentaires et de restauration pour valoriser les invendus.
2. Travailler à mettre en place un dispositif de consigne pour les bouteilles en verre.
3. Créer des ressourceries municipales de mutualisation d’équipements, répartis en cohérence avec les besoins résidentiels et la superficie de chaque quartier (tondeuse, outillage divers, etc.), accompagné de formations et de partenariats avec des associations comme les Compagnons Bâtisseurs, la Caisse à clous ou Vert le Jardin pour accompagner les habitants et notamment les plus précaires à la rénovation et l’entretien de leur habitation et/ou de leur jardin.
4. Poursuivre le développement de la collecte et le compostage des biodéchets en installant des composteurs publics d’usage collectif, tout en tenant compte des problématiques d’inconfort pour les habitantes et les habitants, comme pour les commerces.
5. Renforcer et améliorer les services de collecte et de recyclage des déchets : nous reverrons les rythmes des collectes pour éviter les situations de surcharge des containers enterrés.
6. Revoir le mode de gestion des déchets pour aller vers la création d’un EPIC (Etablissement Public Industriel et Commercial) afin d’en garantir un meilleur contrôle par notre assemblée municipale.
7. Repenser intégralement le circuit de valorisation des déchets qui nous oblige aujourd’hui à acheminer des déchets produits ailleurs dans le département pour alimenter l’UVED (Unité de Valorisation Énergétique des Déchets) du réseau de chaleur.
8. S’assurer que le bois qui est utilisé par la chaufferie bois récemment implantée ne provient pas de coupe rase, à l’impact négatif sur les sols et la biodiversité.
9. Agir sur la restauration collective en vue de limiter au maximum le gaspillage alimentaire et faire disparaître le plastique, en adaptant quand cela est nécessaire l’équipement et les postes de travail.
10. Poursuivre et développer la politique active vers la restauration privée et de loisir pour parvenir à l’objectif « zéro plastique » ; accompagner les entreprises et les commerces dans leur transformation « zéro déchet ».
11. Valoriser et soutenir les commerces de vrac ; aller vers un commerce de vrac par quartier.

Pour une ville à faible consommation d’énergie

1. Limiter les publicités en ville, en priorité les panneaux lumineux via une révision du PLUi

Mettre en place une politique vertueuse pour les achats publics 
1. Ajouter des clauses environnementales (critère carbone, labels, indices de durabilité et réparabilité) à chaque achat municipal ou intercommunal et nous rendrons systématique, pour tous ces achats publics, le schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER), ainsi que géopolitiquement responsable.
2. Établir une classification des dépenses budgétaires selon leur impact carbone et sur la biodiversité.
3. Privilégier les énergies vertes dans les contrats d’approvisionnement de la commune.

Faire un état des lieux des bâtiments publics
1. Faire un état des lieux du plan énergétique des bâtiments publics pour, en adéquation avec les besoins, planifier la sobriété des usages, la rénovation thermique, en privilégiant la production d’énergies renouvelables et les matériaux biosourcés.
2. Faire un état des lieux du chauffage au fioul, et au gaz pour les bâtiments publics, et leur remplacement pour des pompes à chaleur ou des chauffages électriques.
3. Faire un état des lieux du plan de développement des énergies renouvelables s’appuyant sur Tinergie.

Des engagements pour les particuliers
1. Communiquer davantage sur le service d’accompagnement des particuliers pour la rénovation thermique de leur logement via Tinergie : montage de dossiers, recherche de subventions et si possible versement d’un complément financier.
2. Créer un établissement municipal de mutualisation d’équipements réparti en cohérence avec les besoins résidentiels et la superficie de la commune (tondeuse, outillage divers, etc.), accompagné de formations et de partenariats avec des associations comme les Compagnons Bâtisseurs pour accompagner les habitant·es et notamment les plus précaires à la rénovation et l’entretien de leur habitation et/ou de leur jardin.
3. Faire un audit de Tinergie.

L’eau, la rade et l’océan

> Voir Pour l’eau, notre bien commun

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