Vidéosurveillance
à brest, un naufrage

5 août 2025

Brest insoumise demande au préfet du Finistère de limiter son usage de la vidéosurveillance à ce que lui permettent la loi et la jurisprudence. Il doit notamment cesser d’utiliser le logiciel israélien BriefCam, qui permet la vidéosurveillance algorithmique de plusieurs lieux publics sur Brest. Une large part de ces procédés a déjà été condamnée en janvier 2025 par le tribunal administratif de Grenoble.

Avec les scientifiques du domaine, nous faisons le constat que la vidéosurveillance n’est parvenue jusqu’ici qu’à faire la preuve de son absurdité. Elle n’aide à l’élucidation que dans à peine 1 à 3% des cas, pour les plus optimistes des observateurs. Nous enjoignons la préfecture à renoncer à cet « outil » largement inutile, et à donner aux commissariats de quartier les moyens de mener des actions de proximité.

Nous sommes inquiets de la légèreté que montre la préfecture dans l’application de la loi, concernant le respect de la vie privée des brestoises et des brestois. Nous demandons à ce que l’accès aux images soit documenté de façon transparente : qui ? dans quelles conditions ? sur quelles réquisitions ? quelles garanties empêchent le visionnage et le traitement en temps réel ?

Nous saluons le travail de fond de La Quadrature du Net sur la vidéosurveillance algorithmique, l’implication de la Ligue des Droits de l’Homme à Brest, et l’enquête de Mediapart qui met en lumière l’action, tardive mais concrète, de la CNIL. C’est grâce à ces organisations que ces pratiques sont connues et peuvent être combattues.

Nous rappelons que dans la convention de novembre 2021 la ville de Brest s’est engagée à « faciliter la mise en œuvre par l’État du dispositif de vidéosurveillance ». Nous lui suggérons de mettre en pause ces facilités tant que la légalité de l’ensemble du dispositif n’est pas clairement établie.